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Quand soins palliatifs : reconnaître les 5 signes essentiels pour agir au bon moment

22/01/2026
Quand soins palliatifs : reconnaître les 5 signes essentiels pour agir au bon moment
Découvrez les 5 signes essentiels pour identifier le bon moment d'initier les soins palliatifs. Guide pour éviter les retards préjudiciables

Saviez-vous qu'en Belgique, seulement 14% des patients nécessitant des soins palliatifs en maison de repos sont correctement identifiés ? Cette statistique révèle une problématique majeure : le retard dans l'initiation des soins palliatifs, souvent par méconnaissance des signes précurseurs. Trop de familles confondent encore soins palliatifs avec abandon thérapeutique, privant ainsi leurs proches d'un accompagnement essentiel. Fort de son expérience à Anderlecht depuis 2021, Infirmier Expert, dirigé par Monsieur Amadou Aziz, accompagne quotidiennement des patients et leurs familles dans cette transition délicate. Cet article vous guide pour identifier les 5 signes clés indiquant qu'il est temps d'envisager une approche palliative.

  • Un score Karnofsky inférieur à 50% nécessite une aide suivie et des soins médicaux fréquents (30% = patient alité sévèrement handicapé, 20% = patient moribond)
  • Les troubles comportementaux inexpliqués (cris répétés, agitation) peuvent signaler une douleur passée inaperçue dans 50% des cas en phase palliative
  • L'ONEM octroie jusqu'à 3 mois de congés palliatifs aux aidants pour accompagner un proche en phase terminale
  • Une personne en pronostic vital engagé à court terme peut bénéficier d'une sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès

Démystifier les soins palliatifs : quand soins palliatifs ne signifie pas renoncement

Les soins palliatifs constituent une approche globale visant à préserver la qualité de vie des patients atteints d'une maladie grave et évolutive. Contrairement à une idée reçue persistante, ils ne se limitent pas aux derniers jours de vie et peuvent être initiés parallèlement aux traitements curatifs. En Belgique, selon le KCE, entre 10 000 et 20 000 patients ont actuellement besoin de cette prise en charge spécialisée (à l'hôpital, un malade sur cinq pourrait bénéficier d'une approche palliative, avec un chiffre plus élevé dans les services de gériatrie et de médecine).

L'identification précoce des patients nécessitant des soins palliatifs représente un enjeu majeur. L'outil PICT (Palliative Care Indicators Tool) pose une question simple mais cruciale : "Seriez-vous surpris si votre patient décédait dans les 6 à 12 prochains mois ?" Cette interrogation permet aux soignants d'anticiper les besoins et d'éviter les décisions prises dans l'urgence.

Signe n°1 : L'évolution défavorable malgré les traitements - savoir quand soins palliatifs deviennent prioritaires

Le premier signe majeur apparaît lorsque les traitements curatifs n'apportent plus d'amélioration significative de l'état du patient. Cette situation se manifeste par une dégradation progressive de l'état général malgré les interventions médicales. Par exemple, un patient atteint d'un cancer métastatique qui ne répond plus aux chimiothérapies et dont l'état se dégrade rapidement nécessite une réévaluation de la stratégie de soins.

L'échec thérapeutique ne signifie pas l'abandon du patient, mais plutôt une réorientation des objectifs de soins. Dans ce contexte, l'équipe médicale privilégie le confort et la gestion des symptômes. Les médecins utilisent régulièrement la question PICT mentionnée précédemment pour évaluer objectivement la situation.

Cette transition nécessite une communication transparente avec le patient et sa famille. L'Advance Care Planning, ou planification anticipée des soins, devient alors essentielle pour respecter les volontés du patient concernant sa fin de vie.

Exemple concret : Madame Dupont, 78 ans, atteinte d'un cancer du poumon métastatique, ne répondait plus aux traitements de chimiothérapie après 18 mois de lutte. Son oncologue, constatant une détérioration rapide avec perte de poids de 15 kg en 2 mois et dyspnée croissante, a proposé une réorientation vers les soins palliatifs. Cette décision a permis de privilégier le contrôle de la douleur et le maintien à domicile, conformément aux souhaits exprimés par la patiente lors de ses directives anticipées.

Signe n°2 : Des symptômes incontrôlables - identifier quand soins palliatifs s'imposent

La douleur persistante malgré les traitements antalgiques constitue un indicateur crucial. Lorsque les protocoles habituels ne parviennent plus à soulager efficacement la souffrance du patient, l'expertise spécialisée des équipes palliatives devient indispensable. Ces professionnels disposent de techniques avancées pour gérer la douleur réfractaire.

Les troubles respiratoires représentent un autre signal d'alerte important. Entre 40 et 90% des patients en fin de vie présentent des râles du mourant, ces bruits respiratoires caractéristiques causés par l'accumulation de sécrétions. La respiration de Cheyne-Stokes, alternant phases d'hyperventilation et pauses respiratoires, indique généralement l'approche de la fin de vie.

Dans les maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou d'Alzheimer, l'apparition de troubles de la déglutition marque souvent un tournant. Ces difficultés à avaler, associées aux chutes répétées et à l'incontinence, signalent l'entrée dans une phase avancée nécessitant une approche palliative adaptée. Pour la maladie de Parkinson spécifiquement, il faut noter que les premiers signes (signes moteurs, constipation, baisses de moral, diminution des capacités olfactives) apparaissent au moins cinq ans avant le diagnostic. Quant à la démence à corps de Lewy, elle se manifeste par des chutes répétées, de la confusion, des troubles de mémoire, de l'incontinence et des troubles du sommeil.

À noter : Les troubles du comportement constituent un indicateur palliatif souvent méconnu. Dans 50% des cas, la cause exacte des troubles comportementaux ne sera pas retrouvée. Les cris répétés sans raison apparente peuvent être causés par une douleur passée inaperçue, tandis que l'agitation verbale et motrice signalent des troubles psychomoteurs en phase palliative. Ces manifestations nécessitent une évaluation approfondie par l'équipe soignante.

Signe n°3 : La dégradation fonctionnelle significative - évaluer quand soins palliatifs sont nécessaires

L'échelle PPS (Palliative Performance Scale) constitue un outil précieux pour évaluer l'autonomie fonctionnelle. Un score inférieur ou égal à 20% correspond à un état grabataire et indique généralement l'entrée en phase pré-agonique. À ce stade, le patient est totalement dépendant pour tous les soins et présente une conscience altérée.

L'échelle ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) offre une perspective complémentaire sur le pronostic. Un score ECOG de 3 ou 4 s'associe à une survie médiane très limitée : 64 jours pour un ECOG 3 et seulement 7 jours pour un ECOG 4 chez les patients atteints de cancer du poumon. L'échelle Karnofsky apporte des précisions supplémentaires : un score à 50% indique la nécessité d'une aide suivie et de soins médicaux fréquents avec le patient semi-autonome, à 30% correspond à un patient toujours au lit sévèrement handicapé, et à 20% indique un patient moribond qui ne prend que de petites gorgées.

La fatigue intense et croissante, accompagnée d'un désintérêt pour l'alimentation, constitue un autre marqueur important. Cette perte d'appétit n'est pas un simple symptôme mais reflète les modifications métaboliques profondes de l'organisme en fin de vie. Les familles doivent comprendre que forcer l'alimentation peut alors devenir contre-productif et source d'inconfort. L'apathie, caractérisée par un trouble de la motivation, un émoussement affectif, une perte d'initiative et une perte d'intérêt, représente une complication majeure pouvant grever un pronostic déjà sombre.

Conseil pratique : Pour évaluer objectivement la dégradation fonctionnelle, tenez un journal quotidien notant les capacités du patient : temps passé au lit, aide nécessaire pour les activités quotidiennes (toilette, habillage, alimentation), nombre de pas effectués. Cette documentation permet aux soignants d'adapter rapidement la prise en charge et d'anticiper les besoins en matériel adapté (lit médicalisé, fauteuil roulant, matelas anti-escarres).

Signe n°4 : Le pronostic vital engagé - comprendre quand soins palliatifs deviennent urgents

En Belgique, l'accès au forfait palliatif de l'INAMI requiert une espérance de vie estimée à moins de trois mois. Cette évaluation, bien que difficile, repose sur des critères objectifs et l'expertise clinique. Les médecins tendent d'ailleurs souvent à surestimer l'espérance de vie, retardant ainsi l'accès aux soins appropriés.

Les signes de phase terminale incluent des modifications respiratoires caractéristiques, une perte de conscience progressive et l'impossibilité de s'alimenter ou de s'hydrater. Ces manifestations indiquent que le décès peut survenir dans les heures ou jours à venir, nécessitant une adaptation immédiate de la prise en charge. Dans ce contexte, une personne atteinte d'une affection grave et incurable dont le pronostic vital est engagé à court terme peut bénéficier d'une sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès, conformément à la législation belge.

Pour les soins à domicile, la notification à la mutualité doit intervenir dans les 10 jours maximum suivant le début des soins palliatifs. Cette démarche administrative, bien que contraignante en période difficile, garantit l'accès aux aides financières et matérielles nécessaires.

Signe n°5 : La demande du patient ou de la famille - respecter le choix d'initier les soins palliatifs

L'expression claire du patient de privilégier le confort plutôt que les traitements actifs constitue une indication formelle pour débuter les soins palliatifs. Cette volonté peut être exprimée directement ou via des directives anticipées rédigées préalablement. L'Advance Care Planning, idéalement initié dès le diagnostic d'une maladie grave, facilite ces décisions difficiles.

Les familles jouent également un rôle crucial lorsque le patient ne peut plus s'exprimer. Leur demande d'arrêter les traitements disproportionnés et de se concentrer sur la qualité de vie restante doit être entendue et respectée. Cette décision, souvent douloureuse, nécessite un accompagnement empathique de l'équipe soignante. Il est important de noter que l'ONEM octroie des congés pour soins palliatifs d'une durée maximale de 3 mois par patient, permettant aux proches de s'occuper du malade en phase terminale.

Il est essentiel de rappeler que demander des soins palliatifs n'est pas un échec mais une décision courageuse visant à préserver la dignité et le bien-être du patient jusqu'au bout.

Les outils d'évaluation belges : optimiser le moment d'initier les soins palliatifs

Le système belge dispose d'outils spécifiques pour identifier précocement les patients palliatifs. Le PICT, largement utilisé, permet une détection systématique des besoins en soins palliatifs. Les échelles complémentaires comme Karnofsky, HADS et ESAS évaluent respectivement la performance fonctionnelle, l'anxiété et les symptômes. En médecine générale, on estime habituellement que les médecins gèrent moins de 10 situations palliatives par an, soulignant la rareté de ces situations en cabinet et l'importance d'une formation continue.

La plateforme Palliaguide.be constitue une ressource incontournable pour les professionnels, regroupant les guidelines nationaux et les protocoles de soins. Les trois fédérations belges (FBSP, FPZV et FWSP) coordonnent l'offre de soins et garantissent une approche harmonisée sur tout le territoire.

L'organisation pratique en Belgique : faciliter l'accès quand soins palliatifs sont nécessaires

L'admission en unité spécialisée s'effectue de manière programmée, sur demande du médecin traitant ou spécialiste. Cette procédure permet d'éviter les admissions en urgence, source de stress supplémentaire pour les familles. Une visite préalable de l'unité est d'ailleurs vivement recommandée. Les critères d'admission spécifiques incluent : une maladie irréversible avec condition générale, physique ou psychique qui se dégrade sévèrement, l'absence de thérapie pouvant améliorer l'état du patient, et des besoins physiques, sociaux ou spirituels élevés demandant un engagement long et soutenu.

L'équipe multidisciplinaire comprend médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues et bénévoles, garantissant une prise en charge globale. Plus précisément, elle se compose d'un médecin responsable, d'une infirmière en chef, d'infirmières, d'aides soignantes, d'une kinésithérapeute, d'une assistante sociale, d'une diététicienne, d'une psychologue et d'un service bénévole. La disponibilité 24h/24 et 7j/7 assure une continuité des soins, particulièrement importante lors des phases critiques.

  • Documentation précise du dossier infirmier avec échelles d'évaluation
  • Coordination régulière entre tous les intervenants
  • Communication transparente avec la famille
  • Gestion administrative rigoureuse (statut INAMI, mutualité)

Face à ces signes révélateurs, l'accompagnement par des professionnels expérimentés fait toute la différence. Infirmier Expert, sous la direction de Monsieur Amadou Aziz, offre depuis 2021 une expertise reconnue en soins palliatifs à domicile dans la région d'Anderlecht. Notre équipe, disponible 24h/24, assure une prise en charge personnalisée et bienveillante, respectant les volontés de chaque patient et soutenant les familles dans ces moments difficiles. Si vous ou un proche êtes concernés par l'une de ces situations dans la région bruxelloise, n'hésitez pas à nous contacter pour bénéficier d'un accompagnement adapté et humain.